Bagage & confort

Chaussons et masque de nuit : le petit confort que je ne loupe plus

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Il y a un moment très précis, dans mon ancien métier, où je pouvais deviner si un client allait bien dormir ou non. C’était au moment où il posait ses affaires sur le lit et cherchait, souvent en vain, quelque chose pour marcher pieds nus dans une chambre au sol froid. Ce petit réflexe, chercher des chaussons qui ne sont pas là, en dit long sur la différence entre un séjour où l’on se sent chez soi et un séjour où l’on reste, malgré soi, en position d’invité un peu raide.

Le sol d’une chambre n’est jamais celui qu’on imagine

Dans les bâtiments anciens, le sol est souvent en carrelage ou en parquet ancien, agréable à l’œil mais franchement froid dès les premiers jours d’automne. J’ai vu des clients garder leurs chaussettes toute la soirée, mal à l’aise, plutôt que de marcher pieds nus sur un carrelage glacé. D’autres, dans des logements plus récents, se retrouvaient avec une moquette qui gardait l’humidité et donnait une sensation tout aussi désagréable sous les pieds. Dans les deux cas, la solution est la même et pourtant presque jamais emportée : une paire de chaussons légers, pliables, qui ne prennent quasiment aucune place dans un sac.

J’ai fini par en glisser une paire dans chacun de mes bagages, quelle que soit la durée du séjour, parce que le confort qu’elle procure est immédiat et disproportionné par rapport à son encombrement. C’est l’un de ces objets qu’on regrette systématiquement de ne pas avoir pris, et qu’on n’emporte jamais en trop.

Le masque de nuit, contre un problème qu’on ne voit qu’à l’arrivée

La deuxième chose que je vérifie désormais avant chaque départ, c’est la présence ou non de rideaux vraiment occultants dans la chambre réservée. Beaucoup de logements, notamment les plus charmants, avec de belles fenêtres à petits carreaux, n’ont que des voilages ou des rideaux fins qui laissent passer la moindre lumière de rue. J’ai géré une maison d’hôtes dont deux chambres donnaient directement sur un lampadaire, et malgré tous mes efforts pour trouver des rideaux plus épais, la lumière filtrait toujours un peu au petit matin, surtout en été quand le jour se lève tôt.

Un masque de nuit, simple et léger, règle ce problème en quelques secondes, sans avoir à compter sur la qualité de l’occultation d’une chambre qu’on découvre seulement le soir de l’arrivée. C’est un objet minuscule, qui ne pèse rien, et qui évite de perdre une heure de sommeil à cause d’un réverbère mal placé ou d’un lever de soleil trop matinal.

Ce que j’ai appris en observant les nuits difficiles

  • Une chambre côté rue, même dans une petite ville tranquille, reçoit toujours plus de lumière et de bruit qu’on ne l’imagine avant d’y avoir dormi une nuit.
  • Le bruit d’un radiateur qui claque en se réchauffant ou en refroidissant réveille plus facilement qu’on ne le pense, surtout la première nuit dans un lieu inconnu.
  • Le sol froid au réveil, surtout en demi-saison, retarde le moment où l’on se lève vraiment, ce qui grignote du temps sur une matinée souvent déjà courte.
  • Une lumière extérieure imprévue, un lampadaire, une enseigne, une fenêtre sans volet, peut suffire à décaler tout le rythme de sommeil d’un séjour.

Un souvenir précis qui m’a convaincu

Je me souviens d’une nuit à Colmar, dans une chambre magnifique au-dessus d’une petite place, avec une fenêtre donnant directement sur un lampadaire qui restait allumé toute la nuit. Sans masque, je me suis réveillé plusieurs fois, convaincu qu’il faisait déjà jour. Le lendemain, fatigué, j’ai dû repousser une visite prévue tôt le matin, simplement parce que je n’avais pas assez dormi. Depuis ce séjour, le masque de nuit fait partie de ma trousse au même titre que la brosse à dents, sans exception.

Les chaussons ont eu un rôle similaire lors d’un séjour à Besançon, dans une chambre au sol carrelé très frais même en début de soirée. Sans eux, j’aurais passé la soirée en chaussettes, une solution qui fonctionne mais qui n’a jamais le même confort qu’une vraie paire de chaussons, même la plus simple.

Pourquoi ces deux objets et pas d’autres

Ce qui me frappe, en y repensant, c’est que ces deux objets ne coûtent presque rien en place dans le sac, mais qu’ils règlent deux des trois causes les plus fréquentes de mauvaises nuits en voyage : le sol froid et la lumière imprévue. La troisième cause, le bruit, se règle plus difficilement avec un objet aussi simple, mais elle mérite sa propre réflexion.

Je ne les considère plus comme des accessoires de confort superflu, mais comme des éléments aussi essentiels que la trousse de toilette. Ils ne servent à rien tant que tout va bien, mais ils transforment complètement une nuit qui aurait pu être mauvaise, et ça, après des années à observer des clients fatigués au petit-déjeuner, je sais que ça vaut largement la place qu’ils prennent dans le sac.

Le bruit, la troisième cause qu’on ne règle jamais du premier coup

Le bruit reste, de toutes les causes de mauvaises nuits que j’ai pu observer, la plus difficile à anticiper avant l’arrivée. Une chambre peut sembler parfaitement silencieuse sur les photos et se révéler, une fois la nuit tombée, exposée à un tout autre univers sonore : une porte qui claque dans un couloir, un volet qui bat contre un mur avec le vent, une rue qui semble calme en journée mais qui s’anime bien après minuit avec le passage de quelques voitures ou de groupes rentrant d’une soirée. Je me souviens d’une nuit à Nancy, dans une chambre pourtant réservée pour son calme apparent, où un volet mal fixé au bâtiment voisin a cogné régulièrement toute la nuit dès que le vent se levait un peu. Sans rien pour m’isoler de ce bruit, j’aurais probablement passé une nuit blanche avant une longue journée de marche prévue le lendemain.

Depuis cette expérience, une paire de bouchons d’oreilles fait systématiquement partie de ma trousse, glissée dans la même pochette que le masque de nuit. Ce n’est pas un objet qui règle tout, certains bruits restent audibles même avec, mais il atténue suffisamment les sons ponctuels et imprévisibles pour permettre de se rendormir plus facilement après un réveil brutal. Combiné au masque de nuit et aux chaussons, cet ensemble minuscule couvre les trois causes les plus fréquentes de nuits agitées que j’ai pu observer, aussi bien derrière un comptoir d’accueil que dans mes propres séjours depuis que j’écris sur le voyage plutôt que je ne l’organise pour les autres.

Pourquoi je range ces trois objets ensemble

Une habitude toute simple a fini par s’imposer avec le temps : je garde toujours les chaussons, le masque de nuit et les bouchons d’oreilles dans la même petite pochette, distincte du reste de la trousse de toilette. Cette pochette unique, que je pose systématiquement sur la table de chevet en arrivant, avant même de défaire le reste du sac, m’assure de ne jamais avoir à la chercher fatigué à l’heure du coucher. C’est un geste que j’ai gardé de mes années d’accueil, où je conseillais souvent aux clients de préparer leur nécessaire de nuit avant de sortir dîner, pour ne pas avoir à fouiller une valise entière au retour, souvent bien plus tard que prévu et avec moins de patience qu’en début de soirée.

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