Cet article peut contenir des liens affiliés. Si vous réservez ou achetez via ces liens, Poser ses Valises peut percevoir une petite commission, sans surcoût pour vous. En savoir plus.
Il existe des trajets en France et en Europe où le train, malgré toutes ses qualités, ne mène tout simplement pas là où l’on veut aller. Il faut parfois accepter plusieurs correspondances qui rallongent démesurément la route, ou chercher une autre solution. J’ai appris, au fil de mes voyages, à ne pas m’entêter avec le train par principe, et à accepter le bus ou la voiture quand c’est réellement la solution la plus reposante, ce qui reste, après tout, mon seul vrai critère.
Le bus, souvent sous-estimé
Le bus longue distance a longtemps eu mauvaise réputation auprès des voyageurs qui privilégient le train, moi y compris pendant longtemps. J’ai changé d’avis après un trajet entre deux villes moyennes où aucune liaison ferroviaire directe n’existait, seulement des correspondances multiples qui auraient pris le double du temps. Le bus, ce jour-là, m’a mené directement, sans changement, dans un siège certes moins spacieux qu’en train mais suffisant pour un trajet de trois heures.
Ce que j’ai appris à surveiller avec le bus, c’est surtout le confort du siège et la fréquence des arrêts, deux éléments qui varient beaucoup d’une compagnie à l’autre. Un bus sans arrêt sur un long trajet peut devenir pénible si l’on a besoin de bouger un peu les jambes, alors qu’un bus avec une pause bien placée aux deux tiers du trajet permet de repartir plus frais pour la dernière partie.
Le confort réel d’un siège de bus
Contrairement à une idée reçue, certains sièges de bus longue distance s’inclinent davantage que ceux de nombreux trains, avec plus d’espace pour les jambes selon la place occupée. Je choisis désormais, quand l’option existe à la réservation, une place à l’avant du véhicule, plus stable et moins soumise aux mouvements ressentis à l’arrière, particulièrement sur les routes de montagne ou les tronçons sinueux.
J’évite aussi, autant que possible, les places tout au fond, juste devant les toilettes du véhicule quand il y en a, à cause du passage constant et parfois du bruit mécanique plus marqué à cet endroit. Ce genre de détail, glané au fil de plusieurs trajets en bus vers des villes moyennes mal desservies par le rail, fait une vraie différence sur la fatigue accumulée en arrivant.
La voiture, une liberté à double tranchant
La voiture reste, pour certains trajets, la seule option raisonnable, notamment vers des villages plus isolés où ni le train ni le bus ne s’arrêtent à proximité. J’ai loué une voiture pour rejoindre un logement situé à l’écart d’une petite ville de l’est de la France, faute d’autre solution pratique, et j’ai apprécié la liberté de m’arrêter quand je le voulais, plutôt que de suivre un horaire imposé.
Cette liberté a un revers que j’ai appris à respecter avec le temps : conduire fatigue différemment d’un trajet en train, parce qu’on reste concentré en permanence, sans pouvoir vraiment relâcher l’attention ni fermer les yeux quelques minutes. Sur un trajet de plus de trois heures, je m’impose désormais une vraie pause toutes les deux heures environ, pas seulement pour faire le plein, mais pour marcher quelques minutes et changer de posture, ce que je faisais rarement avant.
Je fais aussi attention à ne jamais programmer un trajet en voiture juste après une nuit courte ou un réveil très matinal, une combinaison qui use bien plus vite qu’on ne le pense sur une route qu’on ne connaît pas. Mieux vaut, dans ce cas, partir un peu plus tard une fois bien reposé que de gagner une heure au prix d’une conduite fatiguée sur des routes secondaires.
Le train reste souvent la solution la plus reposante, mais s’entêter à le prendre quand il n’existe pas de trajet raisonnable revient à se fatiguer par principe plutôt que par nécessité.
Comment je choisis, concrètement
Avant de trancher entre train, bus ou voiture, je regarde désormais trois éléments simples : le nombre de correspondances nécessaires en train, le temps de trajet total une fois les changements comptés, et l’état dans lequel je sais que j’arriverai selon le mode choisi. Un trajet en train avec trois correspondances serrées peut s’avérer plus fatigant qu’un trajet direct en bus, même un peu plus long en durée totale.
Je prends aussi en compte, désormais, le moment de la journée où je vais arriver selon chaque option. Un trajet qui dépose en fin de matinée laisse largement le temps de s’installer avant le soir, alors qu’un trajet équivalent qui arrive tard le soir demande davantage de préparation en amont, ne serait-ce que pour savoir comment rejoindre le logement une fois la nuit tombée.
Les questions que je me pose avant de réserver
- Existe-t-il une liaison ferroviaire directe, ou faudra-t-il enchaîner plusieurs correspondances incertaines ?
- Le bus proposé fait-il des arrêts suffisants pour un trajet de plus de trois heures ?
- Si je choisis la voiture, ai-je prévu assez de pauses réelles, et pas seulement des arrêts pour l’essence ?
- Quel mode me laissera le plus de marge, à l’arrivée, pour profiter tranquillement de la première soirée ?
Un trajet mixte, parfois la meilleure option
J’ai aussi appris à ne pas m’enfermer dans un seul mode de transport pour tout le trajet. Combiner le train jusqu’à une ville bien desservie, puis le bus ou une voiture louée sur place pour la dernière partie, permet souvent de profiter de la vitesse du rail sans subir les limites du réseau sur les portions les moins bien couvertes. C’est ce que j’ai fait pour rejoindre une petite ville des Vosges, en train jusqu’à la gare la plus proche, puis en voiture de location pour les vingt derniers kilomètres, une combinaison qui m’a évité un bus avec plusieurs arrêts intermédiaires et un temps de trajet bien plus long.
Le covoiturage, une option que j’ai fini par tester
Longtemps réticent à l’idée de partager une voiture avec des inconnus sur plusieurs heures de route, j’ai fini par essayer le covoiturage pour un trajet vers une petite ville d’Auvergne où ni le train ni le bus ne desservaient facilement mon logement final. L’expérience s’est révélée plus reposante que je ne l’imaginais, à condition de choisir un trajet avec peu de passagers et un conducteur qui ne cherchait pas la conversation permanente. J’ai appris à lire attentivement les quelques indications laissées par les autres voyageurs avant de réserver, notamment sur le nombre d’arrêts prévus et l’ambiance générale du trajet, des détails qui comptent autant que le prix ou l’horaire pour savoir si l’on arrivera détendu ou tendu.
Ce que j’en retiens
Le train garde ma préférence pour la majorité de mes trajets, en particulier parce qu’il permet de se reposer réellement pendant le voyage, ce qui n’est jamais vraiment le cas au volant. Mais je ne le considère plus comme une option par défaut à imposer coûte que coûte. Quand la géographie ou le réseau ne s’y prête pas, le bus, la voiture ou même le covoiturage, bien préparés, peuvent offrir un trajet tout aussi reposant, parfois même davantage qu’un enchaînement de correspondances ferroviaires incertaines.


